je vais pouvoir l'aider à s'en sortir

Souvent la victime dit "Je vais pouvoir l'aider à s'en sortir"

Pourquoi la victime pense pouvoir « l’aider à s’en sortir » ?

 

Facteur / Explication

Empathie et sentiment de responsabilité

La victime ressent souvent de la compassion pour le partenaire et se sent responsable de son bien‑être, même lorsqu’il adopte des comportements destructeurs.

 

Espoir de changement

L’amour et le désir de « retrouver » la personne que l’on a connue incitent à croire que, avec du soutien, le partenaire pourra surmonter ses difficultés (emploi, addiction, colère).

 

Croyance en la capacité de « sauver »

Certaines personnes ont une forte propension à se voir comme le « sauveur » d’autrui ; elles pensent que leur présence, leurs encouragements ou leurs sacrifices suffiront à réparer la situation.

 

Manipulation de l’abuseur

L’abuseur peut exploiter ce désir d’aider en promettant de changer, en demandant de l’aide financière ou émotionnelle, ce qui renforce le sentiment d’utilité de la victime.

 

Isolement social

Quand le réseau de soutien extérieur est faible, la victime se tourne davantage vers le partenaire comme unique source d’affection, ce qui accentue le besoin de « l’aider ».

 

Déni et minimisation

Reconnaître la gravité de la violence est douloureux ; se focaliser sur le « potentiel de rétablissement » permet de réduire la dissonance cognitive.

 

Facteurs culturels et de genre

Dans certaines cultures ou contextes, il est attendu que la femme « prenne soin » de son homme, même au détriment de sa propre sécurité.

Conséquences de cette logique d’aide

  • Renforcement du contrôle : chaque geste d’aide devient une monnaie d’échange que l’abuseur peut exploiter (argent, temps, services).
  • Prolongation du cycle de violence : le partenaire reste dépendant et n’est pas incité à chercher une aide professionnelle.
  • Épuisement de la victime : fatigue physique, émotionnelle et financière, aggravation du stress et de la détresse psychologique.
  • Risque de danger accru : lorsqu’une personne dépend de l’autre pour « s’en sortir », elle accepte parfois des comportements de plus en plus dangereux.

Que faire lorsqu’on se sent dans ce rôle ?

  1. Reconnaître le schéma – Identifier que le désir d’aider masque souvent une forme de dépendance affective.
  2. Chercher un soutien extérieur – Parler à un proche, à un professionnel (psychologue, travailleur social) ou à une association d’aide aux victimes.
  3. Encourager le partenaire à consulter – Proposer, sans imposer, une aide médicale ou psychologique (détox, suivi psychiatrique, thérapie).
  4. Définir des limites claires – Refuser de financer les addictions, de couvrir les dépenses essentielles ou de sacrifier sa propre sécurité.
  5. Élaborer un plan de sécurité – Prévoir un lieu de refuge, garder des documents importants et un moyen de communication discret.
  6. Se rappeler que le changement durable dépend du volontaire – Aucun soutien extérieur ne peut remplacer la volonté du partenaire de se prendre en main.
  7.  

En résumé, le sentiment « je vais pouvoir l’aider à s’en sortir » est souvent alimenté par l’empathie, l’espoir et la manipulation. Reconnaître ce mécanisme est la première étape pour sortir du cycle de violence et protéger à la fois la victime et le partenaire.

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